Réseau de neurones

D’abord le plaisir esthétique est sans mélange. À la perception visuelle et sonore de cette pièce, le terme de beauté, cette fois-ci, me paraît en rapport avec la sensation éprouvée, au sens où Kant, la ramène au pur plaisir désintéressé  que produit une forme, qu’elle soit naturelle ou produite par l’art.

Au centre de la pièce, un « Hub », volume noir, vibre. Source mystérieuse  de toute technique, réplique du monolithe créateur de Kubric, dans 2001 : L’Odyssée de l’Espace ?
Mais, plutôt, dans un souci de comprendre ce que l’on voit, cette construction fait langage : le signifiant est informatique : câbles, boîte de connexion et artistique : des dessins en petit format.
Ce qui fait langage c’est leur articulation dans un discours, un murmure, qui fait voir ce que la technique ignore.

L’IMPOSSIBLE

Comment des câbles peuvent-ils se faire arbre et comment cet arbre peut-il porter comme fruits les ombres du désir projetées en petit format?
Pour finir cette pièce est, sans doute, un autoportrait: l’artiste en penseur, plutôt en songeur, ce n’est pas tout de mettre des images dans des fichiers, encore faut-il qu’elles soient autre chose qu’un reportage, ici le bavardage s’arrête : de cette légère vibration naît une émotion : le maître se montre pour ce qu’il est, un poète.

Jean-Marc Bermès

Collection FRAC Poitou-Charentes
Photos : Aurélien Chubilleau, Christian Roy, Hervé Bezet

RÉSEAU DE NEURONES 2008, installation dessins, dimensions variables
Un hub 44 X 22,5 X 4,5 cm 24 prises,
200 mètres de câbles noirs blindés RJ45,
24 dessins numériques plastifiés 21 X2 9,7 cm,
24 support bois médium de 15mm, 21 X2 9,7 cm,
24 embases noires RJ45,
24 connecteurs transparents RJ45,
24 manchons noirs RJ45,
12 colliers polyamide attaches-fils,
96 épingles blanches “Papic”,
1 baguette cache fil électrique blanc 162 X 5,5 X 1 cm avec 2 baguettes
2 blanches bois 162 X 1 X 1 cm arrondies.
1 boîte de 100 attache-fils diamètre 5à 6 mm blanc.
Son : ventilateur du hub

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